Patrizio Di Massimo s’est d’abord forgé une réputation avec des œuvres touchant à des disciplines diverses (vidéo, performance, dessin) dans lesquelles il commente des questions politiques, comme le tabou subsistant autour du colonialisme italien en Afrique.

Ces deux dernières années, Di Massimo a revisité l’histoire de la peinture figurative et réinventé une forme de surréalisme pour spectateur contemporain. Cette pratique expérimentale requiert une prise de risque visuel, une curiosité impartiale pour ce qui raconte des histoires et une désobéissance active envers la dictature du bon goût. Les œuvres récentes de Di Massimo érotisent l’objet décoratif, qu’il s’agisse d’un accessoire tridimensionnel ou du sujet de tableaux, de vidéos ou de performances. Parfois, ses objets s’animent littéralement, grâce à des techniques scéniques subreptices.

 

THE LUSTFUL TURK (HABERDASHERY)

THE LUSTFUL TURK (BANG BANG)

THE LUSTFUL TURK (SALON)

Tous 2013

Les divers tableaux, dessins et objets de cette série s’inspirent tous d’un roman érotique anglais éponyme, de 1828. Un exemple notoire d’orientalisme, ce courant européen qui a, de manière proactive, enfermé dans ses différences cet « autre » qu’on s’apprêtait à coloniser. Trois grandes peintures sont présentées dans cette exposition sur une nouvelle version du papier peint exposant quatre emblèmes visuels que Di Massimo a élaborés pour représenter les activités physiques quelque peu répétitives décrites dans ce roman. À l’instar du papier peint The Lustful Turk (Haberdashery) suggère que coussins et pompons, chandelles et nuages peuvent remplacer certaines parties du corps, là où The Lustful Turk (Bang Bang) introduit des sculptures africaines en tant que strate « exotique » supplémentaire. The Lustful Turk (Salon) offre quant à lui une rétrospective de certaines toiles précédentes de cette série.

 

ME, MUM, MISTER, MAD

2014

Ce portrait de famille en trois parties a été montré une première fois à la Kunsthalle à Lisbonne, qui l’a coproduit avec le M HKA. Les trois installations recèlent quelque chose de vivant, qui contraste avec de doux objets manufacturés référant sans ambiguïté aux propres membres de la famille de Di Massimo. Tous se sont vu attribuer le M, pour célébrer la première personne de l’accusatif singulier (et l’apparence de « Maman » en resplendissante houppe, rouge et démesurée). Une cage qui abrite un canari vivant est posée à côté de traversins un peu flasques, gisant par terre en forme de mikado, qui incarnent Papa. Les coussins en denim ressemblent à ceux de la chambre à coucher de la sœur dans la maison familiale. Dans la pile, un espace secret permet à une performeuse féminine de s’y tapir et de faire dépasser ses extrémités à travers les glands et autres franges. (AK)

Artist Website

Patrizio di massimo mister  2014

Patrizio Di Massimo, MISTER, 2014 (installation view, Kunsthalle Lissabon), photo: Bruno Lopes

Patrizio di massimo mum 2014

Patrizio Di Massimo, MUM, 2014 (installation view, Kunsthalle Lissabon), photo: Bruno Lopes

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Patrizio Di Massimo, THE LUSTFUL TURK (SALON), 2013, photo: Matthew Booth

 

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